Régate

13 févr. 2013

Primo cup à Monaco - Victoire du Grand Soleil 44 Eleuthera


Equipage Primo Cup à Monaco
Que d'aventure avec le Grand Soleil 44 "Eleuthera" ex "Spineck" et exex "Holmatro". Une course de plus au palmarès incroyable du bateau. A vérifier, mais je pense qu'il s'agit du bateau le plus titré en IRC. Bel équipage, beau bateau, belle victoire, voici les clés du succès.
Résumé de la Primo Cup par Philippe Sérénon
Checkmate échec et mat pour 4 secondes !

Eole était parti skier Dimanche et les résultats définitifs ont donc été donnés par les points acquis après les deux premières journées de régate. Notre victoire dans la dernière manche de samedi nous donne ainsi la victoire sur notre concurrent Anglais bien qu’il ait le même nombre de points que nous : c’est un peu comme au football le match joué en extérieur vaut un peu plus à égalité de points. Or sur cette dernière manche, nous ne gagnons que de quatre secondes devant lui en temps compensé, même pas une demi-longueur de bateaux après 20 miles de course !

De la chance ? Peut-être mais pas si sûr…

Alors pour une fois, essayons d’expliquer ce qui a marché.

Tout d’abord le bateau et ses voiles Ullman: depuis un an que nous l’avons, il ne nous a jamais trahis et cette fois-ci, en faisant les bons choix de voile au bon moment, nous avons certainement optimisé ce capital. Ensuite, l’équipage sur lequel il faut revenir en détail.

Commençons par la cellule arrière : certes nous n’avons pas été surpris du coup de barre de Marc Pajot, qui, de sa médaille olympique à la victoire dans la Route du Rhum et à ses campagnes dans la coupe de l’America a un palmarès qui parle pour lui. Mais quand même, de visu, c’est autre chose …

La grosse surprise pour moi vint de sa fille qu je ne connaissais pas, Eve, qui à la tactique a fait des miracles dans des conditions incroyablement complexes. Ce fut une véritable leçon de voile de voir leur complicité entre barreur et tacticien, leur niveau de concentration, la continuité de leurs échanges, leur capacité d’adaptation immédiate à l’évolution d’une situation et la clarté de leurs décisions : Vous voyez sur les barres de flèche souvent ce cylindre blanc sur lequel est marqué en général Furuno ? C’est un radar. Hé bien nous, nous avions 2 radars au raz de l’eau qui scannaient en permanence à 360° tout ce qui se passait : J’avoue avoir été bluffé par la lecture du plan d’eau, leur capacité à anticiper d’où venait le vent et à quelle force, guidant les régleurs de voiles avec une maestria exceptionnelle. Claude à la grand-voile, Bill au génois et Yann au spi n’ont pas été en reste et ont appuyé sur la pédale avec la même attention, un grand talent et une furieuse énergie. Au milieu, France, Zoé Pajot, Hugues, Hervé et moi avons tout fait pour essayer de suivre le rythme pour que les manœuvres se passent au mieux. Le chef d’orchestre qui occupait la plage avant est l’inénarrable Louis qui assisté de Patrick et Julien au mat, nous a guidé avec le talent que nous lui connaissons.

Outre les contributions de chacun, Marc et Louis, à force de briefings et débriefings, ont réussi à souder un équipage composite qui a pu donner le meilleur de lui-même dans une excellente ambiance, courtoise, sans éclats de voix et sans trop de bruits parasites à bord. Il faut bien comprendre que la communication dans un équipage est un paramètre extrêmement important, tant pour la coordination des manœuvres que pour le moral des troupes. Alors il faut dire les choses utiles, éviter les informations redondantes ou inutiles et ne pas se raconter ses vacances sur le rail.

Tout n’a pas été simple et la victoire permet de minimiser les défauts. Masi soyons honnêtes, nous avons encore la possibilité de progresser. Ce qui m’a beaucoup surpris fut notre capacité collective à ne jamais baisser pavillon quand nous étions dans une mauvaise position et de toujours trouver les ressources pour nous en sortir, revenir et passer devant.

Quant à la Primo Cup, si elle la un peu souffert de la concomitance d’une autre course à Saint-Tropez pour la classe IRC, nous avons été séduits sans restriction. Tout d’abord la Côte d’Azur hors saison est vraiment formidable et la ville de Monaco aussi agréable qu’originale. L’accueil du Yacht Club de Monaco et de ses équipes, sur l’eau mais surtout au bar(!), a tout simplement été aussi sympathique que professionnelle. Quant au plan d’eau, il est tordu et hors normes ce qui lui donne un caractère tout à fait original et particulièrement attirant… Surtout quand on gagne !

A tous ceux d’entre vous qui ne l’ont jamais faite, précipitez-vous en 2014 : nouveaux bateaux ils seront bien accueillis et cocooner dans le port.

Tout ce ceci ne serait pas arrivé sans l’idée originale de Louis et ses amitiés grâce auxquelles on a pu combiner l’affaire en un temps record. Comme disait Hannibal Smith : « J’aime bien qu’un plan se déroule sans accroc ». Rendez-vous dans un mois à la Massilia !


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